Mes secrets pour vivre heureuse sans gluten

Fille

Je l’ai eu ce choc. Les pleurs. Les grandes craintes existentielles. Je ne pourrai plus jamais manger de gâteau!!! En 2009, lorsque j’ai reçu mon diagnostic de maladie cœliaque, une partie de moi s’est éteinte. Je semble exagérer, mais ce n’est pas le cas. En deux semaines j’ai pris 15 livres. Superficiel me direz-vous? Peut-être. Mais lorsque tu es dans la jeune vingtaine, la vie devant toi et doit avaler ce diagnostic, le fait de prendre quelques livres te semble vraiment le top! Surtout lorsque les gens l’apprennent et te disent : « au moins tu vas perdre du poids » alors qu’en fait, tu en gagnes. Ne reste plus beaucoup de place pour la joie. Ce que je ne savais pas à l’époque c’est à quel point ma vie changeait… pour le mieux.

Après le choc, il y a eu l’amour. Mon papa avec qui j’habitais à l’époque m’a dit une des choses qui m’a le plus touchée… On va rénover la cuisine. Bon, ça peut sembler banal, mais il faut comprendre qu’à l’époque nous vivions dans un 4 ½ assez bordélique munie d’une minuscule cuisine laboratoire. Pas inspirant pour une jeune fille sorteuse comme moi d’y faire à manger. Le projet ne s’est jamais concrétisé, et au fond, cela compte peu, c’était surtout le message d’espoir qu’il m’insufflait. Le soutien immense d’un papa désemparé et voulant aider « sa petite fille ». Je me rappelle, à l’époque, les supermarchés n’offraient pas encore d’aliments sans gluten. Chaque semaine, il prenait la voiture et m’amenait dans des épiceries spécialisées à plusieurs kilomètres de la maison. Après m’avoir vu manger des craquelins de riz en guise de déjeuner, il voulait que je retrouve ma vie normale ; manger des toasts pour déjeuner! La chose la plus géniale qu’il a faite a été de modifier toutes mes recettes préférées. Oui au début il m’a acheté tout plein de livres sans gluten, mais rapidement, ce qui me manquait, c’était SES recettes. Il les a donc adaptés. Je n’ai jamais goûté la différence, peut-être parce que ça goûtait l’amour

Mon père est décédé l’an passé. Il aura eu le temps de m’inculquer les bases de la cuisine, mais il a apporté avec lui ses recettes. Je le retrouve un peu chaque jour dans la bouffe de mon chum, dans ses réflexes. Il s’excite à l’épicerie lorsqu’il trouve de nouveaux trucs sans gluten. Il me fait manger les mêmes choses que tout le monde ; pâte, pain, gâteau (tous sans gluten). Je me sens spéciale par ses attentions, et à la fois normale. Je ne veux pas être un individu qui se définit uniquement par sa maladie. Je ne veux pas qu’elle mène ma vie, mais qu’elle soit un guide vers de nouveaux horizons. Et c’est ce que j’ai envie de vous léguer. Vous n’avez pas à vous sentir différent des autres en raison d’une sensibilité à une protéine alimentaire. Si vous vous sentez spécial et aimez l’être,  ! Par contre, si vous vous sentez exclu ou comme une bibitte dans notre monde, vous n’avez pas à l’être.

D’abord, déterminez vos limites. Si cela vous stresse outre mesure de sortir en raison de votre condition, recevez ou conscientisez vos proches à vous recevoir plus souvent. Tout le monde aime un bon repas chez des amis ou de la famille. Vous n’êtes pas différent, vous voyez! Et le poids de la préparation du repas ne vous revient pas obligatoirement. Avec le temps, tout le monde sera conscientisé et connaîtra les bases.

Si vous êtes du type « sorteux », il existe de multiples endroits où vous pouvez aller. Notre blogue contient nombre d’articles à ce sujet. Il vous suffit de choisir un endroit et de vous amuser.

Personnellement, pour bien vivre avec ma maladie et ne pas me sentir submergée par celle-ci, j’ai dû moi-même établir mes limites. Ainsi, l’organisation des repas à la maison ne m’incombe pas. Tout se fait dans le partage. Cela m’aide à ne pas me sentir seule : MOI CONTRE LE GLUTEN ET LES AUTRES (NOT!). Sinon, mes fidèles amies savent où je suis confortable de sortir et ne rechigne jamais à y aller. L’entourage y est donc pour beaucoup, je l’admets. Je me rends compte qu’à force de discuter avec des gens, à force de les éduquer à ce sujet, je me sens beaucoup mieux. Je suis moins isolée. J’ai peut-être une maladie, mais c’est grâce à elle que je cuisine aujourd’hui. C’est aussi une belle preuve d’amour lorsqu’on voit son amoureux, un parent ou une amie prendre soin de notre bien-être. On les apprécie encore plus!

Mon plus grand secret serait de me servir de ce diagnostic comme quelque chose de positif. Choisissez un mode de vie qui vous est propre. Pour moi, ça a été de m’apitoyer sur mon sort quelques mois, mais d’en ressortir forte. Je suis une fille mille fois plus organisée que je l’étais et cela m’aide à différents autres niveaux de ma vie. J’ai aussi mis l’activité physique au centre de ma vie quelques années après avoir eu mon diagnostic. Je ne dirai jamais assez comment cela a été salvateur pour moi. Souffrant d’une maladie inflammatoire, j’ai souvent encore cette impression d’être enflée, gonflée, malgré le respect du régime. Les différentes activités que je pratique m’aident vraiment à contrer ces effets. (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1010089/exercice--aider-coeliaques-maladie)

Comme membre d’une belle communauté, je vous transmets mes trucs simples. Entourez-vous de gens qui ne voient pas votre maladie comme un fardeau. Elle n’a pas à l’être. Vous disposez aujourd’hui de ressources vous aidant à vous épanouir pleinement