Mon amie Audrey

J’avais trois ans quand j’ai fait sa connaissance. Audrey. J’ai été à son anniversaire, on était toutes des princesses. Le souvenir est vague, mais deux (presque) trois décennies plus tard, je m’en souviens toujours. Elle habitait à une rue de chez moi. Je la trouvais belle, elle avait un picot rouge sur la joue, c’était pour moi comme avoir un bijou sur la joue, je l’enviais… on est devenue amie, puis je me suis fait de nouvelles amies à la petite école, tout comme elle. On se voyait, mais un peu moins. Puis adolescente, l’idée de passer du temps l’une avec l’autre est redevenue notre activité préférée. Je passais tous les matins chez elle avant de prendre l’autobus. Je parlais avec sa maman, je la regardais se préparer, on se faisait rire et on se racontait nos histoires pas possibles.

 

Elle s’est fait un amoureux, s’est acheté une maison, pendant que moi je galérais de mon côté, tout allait mal, mon papa était malade, j’avais le cœur en miettes. Si elle semblait avoir la vie parfaite, elle est toujours restée simple, présente. Elle avait pour moi les attentions les plus mignonnes. Elle passait voir mon père. Quand elle quittait, elle disait « Bye papa! », ça nous faisait rire. Puis elle s’est mariée, évidemment j’ai été une des demoiselles d’honneur, bien que je me demandais ce que j’avais de spécial pour être une des filles de la journée. Tout ce que j’avais c’était cette amitié si forte, mais je ne me sentais ni assez belle, ni assez spéciale pour faire partie de cette sélection, j’avais peut-être tort. Puis, elle est partie en voyage de noces et pas très longtemps après, elle nous a appris qu’elle était enceinte. Neuf mois plus tard naissaient un magnifique bébé. Le premier d’une de mes amies. Emma-Rose. Je suis allée la voir le soir même à l’hôpital, moi qui avais compté les minutes toute la journée. Une année s’est écoulée, un soir je soupais chez elle avec son mari, ils m’ont révélé un secret, ils attendaient leur deuxième bébé. Après la naissance de leur première, une autre amie avait accouché et cette fois d’une petite fille adorable qui allait devenir ma filleule, Rosalie. Alors que mon cœur était déjà plein de ce bonheur, mon amie Audrey voulait que je sois à nouveau marraine, cette fois de la petite qui allait naître. Mais le moment était plus que difficile pour moi, je passais mes semaines entre l’hôpital et le centre où mon papa recevait des soins. Puis, Audrey m’a demandé d’assister à la naissance de sa petite. Les larmes me sont montées aux yeux, j’ai dit oui!

 

Charlie est née, dans un scénario digne d'un film. Je me garde de le raconter ici, mais cette expérience demeure l’une des plus belles de ma vie. Je serai éternellement reconnaissante de sa générosité, car oui, cela en prenait pour s’ouvrir à nous comme elle l’a fait. Ma Chacha était née. Je la serrais, alors que je savais mon papa dépérir… une semaine après sa naissance, on m’annonçait qu’il fallait commencer les soins palliatifs pour mon papa. En moins d’un mois d’intervalle, j’ai vu ma filleule naître sous mes yeux et mon père mourir avec sa main dans ma main.

 

Alors que je vivais ma plus grande peine, Audrey a fait comme à l’habitude, elle m’a honoré de son amour. Elle m’apportait tout ce que j’aimais pour me réconforter, et me rendait visite avec un bébé naissant.

 

Audrey, Chacha et moi

Aujourd’hui, une partie de ce deuil est fait, mais reste l’amitié d’Audrey. La semaine dernière nous célébrions sa plus grande, Emma-Rose. Alors que j’ai l’habitude de traîner ma nourriture lors de ces occasions, je n’en ai rien fait car je travaillais toute la journée et n’avait pas eu le temps de préparer quoi que ce soit. Je me suis dit : advienne que pourra. Mais c’était oublier comment mon amie est… elle avait pensé à tout. Du repas au dessert, au breuvage. Je l’admire à travailler comme elle le fait, s’occuper de deux enfants, organiser une fête pour toute une famille et penser à moi et à ma maladie.

 

La fête était comme toujours… incroyable! Elle organise des anniversaires dignes d’un tableau Pinterest. Je l’embrasse ici et la remercie pour ce beau quatrième anniversaire d’Emma, mais aussi, et surtout, pour son amitié.

 

J’espère que vous pouvez compter sur des amies comme elle, pour bien vivre, sans gluten!

Charlie et moi
Emma la fêtée